Source: Service Communication
Par: Office Ivoirien des Chargeurs
IMPORTANCE ET ROLE DE L’OFFICE IVOIRIEN DES CHARGEURS DANS LE DEVELOPEMENT ECONOMIQUE NATIONAL
I- CONTEXTE ET OBJECTIF DE CREATION DE L’OIC
L’Office Ivoirien des Chargeurs est par définition un conseil de chargeurs, c’est à dire un organisme qui représente et défend les intérêts des importateurs et exportateurs, usagers des services de transports, dans le cadre de l’acheminement de leurs marchandises.
La nécessite de la création des conseils de chargeurs répond à des impératifs économiques qui ont été perçus dès le 19eme siècle à la suite de la mise en service des premiers navires à vapeur par une des plus anciennes puissances maritimes mondiale, à savoir la Grande Bretagne.
Avec l’implication croissante des pays en développement dans les échanges mondiaux et devant l’incapacité dans laquelle se trouvaient les chargeurs individuels de ces pays pour défendre leurs intérêts face aux puissantes organisations des armateurs internationaux, les Nations Unies, lors de la première CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement) tenue en 1964, mettront l’accent sur l’importance cruciale des transports maritimes dans toute stratégie de développement économique et social.
C’est ainsi qu’il a été reconnu qu’aucun développement économique n’est possible sans un essor significatif du commerce international, lequel transite dans une écrasante proportion par la voie maritime. Or ce commerce ne peut se développer sans une maîtrise du transport maritime, tant en ce qui concerne la disponibilité de flottes marchandes pour l’acheminement des marchandises qu’en ce qui concerne la disponibilité d’une capacité de négociation des tarifs et des conditions générales du transport.
Les Etats en développement, grands consommateurs des services maritimes se trouvant totalement dépourvus de flottes marchandes, il a été recommandé la mise en place de politiques de création et de promotion de compagnies de navigation maritimes dans ces pays. Parallèlement il a été également recommandé la création dans ces mêmes pays, à l’instar des pays industrialisés, d’organismes de chargeurs à l’effet d’assurer la défense des intérêts des chargeurs nationaux face aux armateurs internationaux et soutenir le développement et la croissance de leur économie maritime..
C’est en application de ces recommandations décidées lors de la seconde CNUCED tenue en 1968 à New Delhi que la Côte d’Ivoire a créé, en 1969, le Conseil Ivoirien des Chargeurs (CIC), qui prendra plus tard la dénomination de Office Ivoirien des Chargeurs. La Cote d’Ivoire venait ainsi de créer le premier conseil de chargeurs en Afrique. Tous les autres pays du continent lui emboîteront le pas.
L’importance et la pertinence de ce type de structure sont attestées par la création, dans la vaste majorité des Etats au monde, quel que soit leur niveau de développement économique, d’organismes nationaux de chargeurs.
C’est ainsi qu’on trouve aussi bien des conseils des chargeurs en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique Latine, qu’en Amérique du Nord. Un pays comme le Canada a fait l’option de s’appuyer entièrement sur les services de son conseil de chargeurs pour s’assurer une desserte du pays dans des conditions satisfaisantes.
Pour être efficaces dans leurs actions face aux puissants consortia des armateurs, les conseils se sont fédérés par régions géographiques en unions ou en associations régionales (exemple : Union des Conseils des Chargeurs Africains, Union des Conseils des Chargeurs Européens, Fédération des Chargeurs Asiatiques (Asean Shippers’ Councils) etc.).
II- ROLE ET IMPORTANCE DE L’OIC DANS LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE NATIONAL
La loi n° 69-249 du 9 Juin 1969 portant création d’un Conseil Ivoirien des Chargeurs (CIC) l’a établi sous la forme d’un organisme public doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière et lui a assigné comme objectif d’œuvrer en vue d’une baisse des taux de fret.
Une nouvelle loi sera prise en 1975 (loi n° 75-940 du 26 Décembre 1975), créant l’Office Ivoirien des Chargeurs. L’Office, qui au terme de la nouvelle loi est subrogé dans tous les droits et obligations du Conseil Ivoirien des Chargeurs, prendra la forme d’un établissement public à caractère industriel et commercial jouissant de la personnalité morale et doté de l’autonomie financière. Il se verra assigner une mission plus élargie, consistant essentiellement à concevoir et à mettre en œuvre toutes actions permettant de réduire l’incidence des coûts de transport maritime sur l’économie nationale, de rationaliser et d’optimiser la desserte maritime du pays et notamment, d’assurer la régularisation de l’offre et de la demande de fret.
A la faveur des décisions prises par l’Etat en novembre 1991 en vue de répondre à des exigences d’ordre économique, mais aussi à des fins de rationalité et d’efficacité, l’OIC a été fusionné avec l’Institut de Documentation de Recherches et d’Etudes Maritimes (IDREM), puis transformé en société d’économie mixte.
Les réalisations de l’OIC ont suivi l’évolution des missions qui lui ont été confiées ; celles-ci, il est important de le préciser, ont également évolué pour tenir compte des mutations de l’environnement économique international, ainsi que reformes structurelles et institutionnelles survenues dans les transports maritimes mondiaux.
2.1- Rôle de l’OIC depuis sa création jusqu'à l’avènement de la libéralisation des services de transports maritimes en Cote d’Ivoire
1) Négociation des taux de fret maritimes au profit des chargeurs ivoiriens et de l’ensemble de la sous-region.
En attendant l’activation de l’Union des Conseils des Chargeurs Africains regroupant une vingtaine de conseils d’Afrique de l’ouest et du centre dont le siège est à Douala au Cameroun, l’OIC a présidé pendant une dizaine d’années le Comité Régional de Négociations des taux de fret. Sous son impulsion, les conférences maritimes qui desservent la Cote d’Ivoire et l’ensemble de la sous-région de l’Afrique de l’ouest et du centre ont été conduites à engager des consultations régulières sur toute augmentation des tarifs de fret envisagée par les armateurs. Le résultat de ces actions a été une stabilisation et une maîtrise des taux de fret qui ont permis à la Cote d’Ivoire d’engranger à l’époque des recettes d’exportations particulièrement significatives.
On notera à titre illustratif que de 1986 à 1995, les taux de fret n’ont connu aucune augmentation, ce qui a permis de limiter les effets pervers de la détérioration des termes de l’échange qui ont gravement affecté les exportations des principaux produits d’exportation que sont le café et le cacao.
2) Appui à la promotion d’une flotte marchande
Prenant avantage des dispositions favorables de la Convention des Nations Unies relative à un Code de Conduite des Conférences maritimes adoptée à Genève le 6 avril 1974, l’Etat ivoirien avait confié à l’OIC la mission de promotion du pavillon national à travers la répartition des cargaisons. Cette activité, en ce qu’elle assurait aux navires ivoiriens un taux de remplissage suffisant, a permis à la Cote d’Ivoire de disposer en son temps de deux armements au long cours (la SITRAM, armement d’Etat et SIVOMAR, armement privé), et de soutenir la création de quelques armements au cabotage.
3) Facilitation des procédures maritimes
L’OIC a animé pendant de nombreuses années le Comité Fal (Comité de la Facilitation) dont la création a été recommandée sous la Convention relative à la facilitation des procédures maritimes adoptée à Londres en 1986 sous l’égide de l’Organisation Maritime Internationale.
4) Assistance aux chargeurs
Au-delà de ce qui précède, l’OIC a mené diverses activités d’appui aux chargeurs, notamment dans les domaines de la formation et de l’information technique et opérationnelle.
2.2- Rôle de l’OIC depuis la libéralisation des services de transports maritimes
La déréglementation qui a été opérée dès 1995 et qui a eu pour effet la libéralisation totale des services maritimes et l’accès sans restriction au trafic maritime national sans aucune mesure d’accompagnement pour préserver la capacité nationale de transport maritime a entraîné notamment :
Devant cette situation, l’OIC a vu ses missions recentrées et a engagé des initiatives nouvelles intégrant plus que par le passé l’ensemble de la chaîne des transports. Il a bénéficié dans cette voie de reforme du soutien de l’Etat qui a compris l’impérieuse nécessité de disposer d’un instrument d’appui à la conception et à la mise en œuvre de sa politique des transports.
Les activités de l’OIC et sa contribution au développement du secteur des transports et au commerce extérieur de la Cote d’Ivoire s’analysent à trois niveaux :
1) L’assistance aux chargeurs
2) Traitement et mise à disposition d’informations techniques, opérationnelles et commerciales sur les transports et le commerce international
L’ensemble de ces productions qui vient d’être mentionné, répond au Service public de suivi du trafic maritime concédé à l’OIC. La mise en œuvre du Bordereau de Suivi des Cargaisons (BSC en ligne), par la richesse et la qualité des informations dont il permet de disposer en tant réel, permettra à l’OIC de remplir pleinement cette mission.
3) La facilitation des transports
III- CONTRIBUTION DE L’OIC AU RAYONNEMENT DE LA COTE D’IVOIRE REGIONAL ET INTERNATIONAL.
Depuis sa création et en raison de son expérience, l’OIC a toujours assumé des responsabilités importantes au plan de la coopération régionale sur les problèmes relatifs au commerce maritime international.
Les 29 et 30 Mars 2007, l'OIC a abrité la 6ème Assemblée Générale Ordinaire de l'UCCA (Union des Conseils des Chargeurs Africains) et occupe aujourd'hui le poste de Président de cette institution après avoir occupé celui de Vice –Président au cours des deux (2) années précédentes.